Salam Alaykoum,
Je connais un vendeur juif qui était un ancien ami du défunt Ilan Halimi, paix à son âme. Un jour, j’étais avec un ami proche d’origine algérienne et nous discutions avec lui. On rigole souvent ensemble. Mon pote lance alors le sujet de la Palestine. Vous connaissez le tact des Algériens : francs du collier, on va droit au but ! « Qu’est-ce qu’il y a ? Tahia Djazaïr ! » 😅
La discussion s’est déroulée dans le respect. À un moment, je lui ai expliqué humblement que, dans l’islam, les Juifs et les prophètes issus des enfants d’Israël occupent une place importante ; qu’avant que la direction de la prière ne soit établie vers La Mecque, les premiers musulmans priaient en direction de Jérusalem ; et que beaucoup de musulmans portent, parfois sans même y penser, les noms de prophètes juifs.
Moussa (Moshe), Yahya (Yohanan), Issa (Yeshua), Zakariya (Zekharia), Ishaq (Yitzhak), Ibrahim (Avraham), etc.
Et si nous donnons ces noms à nos enfants, c’est précisément parce que ces hommes sont considérés comme des modèles et des élus de Dieu, donc comme des exemples à suivre pour l’humanité, toutes origines confondues. Il en va de même pour les prophètes arabes, ainsi que pour tous ceux dont nous ignorons l’existence ou dont les noms ne nous sont pas parvenus.
Lorsqu’une personne est élue par Dieu, elle devient une source d’inspiration qui dépasse son peuple, son époque et ses origines. C’est ainsi, selon moi, que réfléchit celui qui aime sincèrement Dieu : il reconnaît et respecte ceux que Dieu a choisis, indépendamment de leur appartenance ethnique ou de leur origine.
Je lui ai notamment fait remarquer que le barbare qui avait tué son ami Ilan Halimi portait le prénom d'un grand prophète juif noté le paradoxe.
Le Coran consacre à Youssouf (De son vrai nom en hébreux Yosef ben Ya‘akov) une sourate entière, et son histoire est notamment associée à la patience, à la sagesse et au pardon. Youssouf est lui-même le fils de Ya‘qub (Jacob), également reconnu comme prophète.
Il était profondément surpris par mes paroles, et mon pote aussi ! Ils me regardaient presque comme si j’étais un extraterrestre. 😅 J’ai senti chez cet homme une véritable ouverture et beaucoup de chaleur humaine ; il avait même envie de me prendre dans ses bras.
Le problème, c’est que beaucoup de gens connaissent finalement très peu l’islam, y compris parfois les musulmans eux-mêmes. Si les gens connaissaient réellement leurs traditions respectives, leur histoire commune et tout ce qui les rapproche, je pense que cela permettrait déjà de résoudre énormément de tensions et d’incompréhensions.
Personnellement, je parle rarement de religion et, lorsque les gens me rencontrent, ils ignorent généralement quelle est ma confession, car je ne corresponds pas forcément aux stéréotypes préétablis.
Ce qui me rend triste, en revanche, c’est de voir certains musulmans et certains religieux parler au nom de l’islam du matin au soir alors qu'ils n'y connaissent rien tout en contribuant à creuser davantage le fossé entre les communautés.
Dans le fond, je pense que tous les croyants, quelles que soient leur branche abrahamique et la tradition religieuse qu’ils suivent, devraient être capables de se retrouver autour de ce qui les unit et d’œuvrer pour la justice, la vérité, la paix et le bien.
Les croyants doivent se poser la question de la véritable mission de cette communauté (croyante)et chercher à comprendre pourquoi Dieu (swt), à certaines époques, a choisi et élevé des rois en leur confiant une mission bien précise pour leur peuple et, parfois, une responsabilité dépassant largement leurs propres frontières.
Par
Yahya, · Posté(e)